HARDWARE : PLUS PUISSANT, PLUS ÉCONOMIQUE, PLUS EXTERNALISÉ

LA DIGITALISATION DE L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AVANCE SUR DEUX PIEDS TECHNOLOGIQUES : L’UN LOGICIEL, L’AUTRE MATÉRIEL. STATIONS DE TRAVAIL, SERVEURS DE CALCUL, IMPRIMANTES GRAND FORMAT, MAIS AUSSI SCANNERS D’ACQUISITION 3D ET IMPRIMANTES 3D FONT PARTIE DU QUOTIDIEN DES BUREAUX D’ÉTUDES. UN MARCHÉ AUX TECHNOLOGIES TRÈS DIVERSES EN PERPÉTUELLE ÉVOLUTION DONT NOUS DRESSONS UNE RAPIDE SYNTHÈSE.
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STATION DE TRAVAIL ?LE PC POUR LES PROS

C’est vrai, pour faire tourner un logiciel de CAO ou une solution de simulation numérique, on peut utiliser un PC de bureau gonflé à coup de carte graphique, de disque SSD, et de barrettes de Ram. Les performances obtenues peuvent en effet satisfaire des besoins courants. Mais il peut être plus avantageux de se tourner vers une station de travail. Ce type de machine est certes plus onéreuse, mais elle bénéficie d’une part d’une construction plus soignée, d’autre part d’un service supérieur de la part du fournisseur. Les stations de travail reçoivent en effet une certification ISV de la part des éditeurs qui testent leur configuration avec leur propre logiciel. Cette certification garantit un niveau de performance minimum d’un couple hardware-software, et un service d’assistance spécifique au client en cas de problème. Cela peut être la prise en main à distance de votre machine, l’intervention sur site, ou encore le déploiement à grande échelle d’une mise à jour de votre OS ou d’un logiciel. Certains constructeurs intègrent à leur station un module qui optimise les paramètres du Bios selon vos applications logicielles et automatise les mises à jour depuis une source d’update unique et garantie. L’outil s’exécute en arrière-plan et ajuste le nombre de cœur de calcul, le niveau de priorité de processeurs, les paramètres graphiques ou encore les accès disque. Les composants comme l’alimentation, les disques durs et cartes graphiques ou la RAM sont sélectionnés dans les gammes hautes des fournisseurs notamment en termes de fiabilité. La ventilation des processeurs est généralement plus efficace et moins bruyante que sur un PC de bureau. Enfin, elles sont totalement personnalisables selon vos besoins.

LA PUISSANCE AU SERVICE DES CALCULS GRAPHIQUES

Si PC et stations de travail ont progressé, c’est en partie grâce à leurs cartes graphiques. Elles ont pris tellement d’importance, que les constructeurs les appellent accélérateurs graphiques… Les modèles récents dépassent les 12 TFlops, embarquent près de 4000 cœurs GPU, et 24 Go de RAM ! De quoi décharger le CPU de tâches de calcul pour lesquels il n’est pas le plus performant, et accélérer ainsi le traitement des logiciels. A condition bien sûr que ces derniers puissent tirer parti de cette parallélisation des calculs et de leur déport sur le processeur graphique. Ce qui n’est pas toujours le cas, d’une part, parce que les méthodes de calcul ne sont pas forcément parallélisables, d’autre part parce que les éditeurs n’ont pas toujours pris le temps d’analyser et de réécrire dans ce sens leurs codes de calcul…

Reste que les deux acteurs du marché des accélérateurs graphiques proposent des technologies en perpétuel progrès : multiaffichage en full HD jusqu’à six écrans, intégration logicielle du rendu réaliste à base physique, multi-GPU c’est-à-dire plusieurs accélérateurs graphiques sur une seule machine, ou encore virtualisation des stations de travail.

Pour les applications qui exigent beaucoup de calculs graphiques, comme les solutions de rendu réaliste par exemple, les temps d’attente deviennent enfin raisonnables avec une qualité de haut niveau. Les plus impatients peuvent également utiliser des fermes de rendu, c’est-à-dire des grappes de serveurs spécialisés, pour délocaliser le calcul de leurs images. Une solution qui commence à être exploitée notamment par des cabinets d’architectures, ou des entreprises qui ne peuvent se payer une machine assez puissante pour répondre à un besoin de plus en plus fréquent comme les visites virtuelles de maquette numérique réaliste par exemple. Dernier détail, si vous utilisez des logiciels de réalité virtuelle, vérifiez la compatibilité de votre carte graphique avec la VR. Les modèles récents le sont quasiment tous à partir du milieu de gamme, ceci y compris pour les stations de travail mobile !

LE CLOUD SE DÉPLOIE, MAIS LENTEMENT

Délocaliser l’infrastructure de calcul, c’est l’ambition du cloud computing. Nous y avons consacré plusieurs dossiers, et l’on constate que son adoption reste très lente pour les activités de R&D. Les résistances sont nombreuses et compréhensibles malgré les avantages indéniables de ce type d’infrastructure. Si quelques grandes entreprises ont opté pour un cloud privé, très peu ont choisi un cloud public, ou même un cloud mixte pour héberger leurs données et leurs applications d’ingénierie.

Le Saas, extension du cloud qui consiste à louer à la demande les ressources hardware, le système permettant de l’exploiter, ainsi que les logiciels métier sous forme de service, a lui aussi du mal à décoller dans les bureaux d’études. La technologie hardware n’est pas encore complètement au point, les éditeurs ne sont guère enthousiastes pour abandonner leur souscription annuelle récurrente, enfin le changement de paradigme est énorme pour les directions informatiques des entreprises qui deviendraient clientes. Enfin, si l’argument principal du pay per use est la flexibilité d’utilisation, il s’avère que la majorité des industriels ont des besoins finalement assez stables en termes de ressources informatiques. Mais le chiffre d’affaires du cloud progresse indubitablement, s’installe dans les habitudes pour des applications bureautiques, et finalement tous les éditeurs ou presque ont lancé ou s’apprêtent à le faire, une version cloud SaaS de leurs logiciels.

DU TRACEUR À L’IMPRIMANTE GRAND FORMAT

Pour un bureau d’études ou un cabinet d’architecture, le choix d’une imprimante grand format, souvent désignée par le mot traceur, se résume bien souvent entre le leader HP, qui détient sans doute 80% du marché, et les autres, à savoir Canon, Epson, ou plus exotique Ricoh ou KIP. La technologie la plus répandue est le jet d’encre. Sans doute parce qu’elle est la plus simple et la plus polyvalente. Car, si le tirage de plans reste l’application majoritaire, l’impression d’images, d’affiches ou de modèles 3D devient de plus en plus fréquente.

Les critères de choix les plus évidents sont : la productivité, la qualité d’impression, et les coûts d’exploitation. Ces caractéristiques sont particulièrement semblables d’une marque à l’autre si l’on compare des machines de même gamme et de même prix. Mais d’autres éléments doivent être pris en compte selon la diversité de vos besoins et leur possible évolution. On citera notamment le type d’encre utilisé. Que peut-on employer comme type et comme épaisseur de papier ? Est-il possible de placer l’imprimante contre un mur sans la déplacer à chaque changement des supports d’impression ? Peut-on installer à posteriori un scanner de plan ? Est-il possible de relier l’imprimante au web pour gérer son fonctionnement et imprimer à distance ? etc.

Sur le plan technique, les machines sont aujourd’hui particulièrement performantes. Même sur des modèles de départ de gamme, la qualité et la précision d’impression sont remarquables notamment pour des plans au trait. Les encres les plus courantes sont utilisables dans un environnement de bureau et assurent des impressions très fidèles en termes de colorimétrie. Il faut cependant rester attentif au couple support-encre si l’on souhaite faire des tirages qui résistent à des conditions sévères comme de fréquentes manipulations, une exposition prolongée au soleil ou aux intempéries.

MÊME L’IMPRESSION DEVIENT MOBILE

Côté utilisation, la plupart des imprimantes professionnelles sont dotées de ports USB, Ethernet et même du wifi/bluetooth pour une plus grande liberté de positionnement dans vos bureaux. Vous pouvez donc imprimer depuis n’importe quelle source, votre PC traditionnel, votre tablette ou smartphone sous IOS, Windows ou Android et ceci à distance en utilisant le web. Leur administration est facilitée par leur interface tactile très fréquente, et les logiciels spécifiques proposés par les fabricants.

En fonction de votre consommation, vous devrez également choisir la taille des cartouches d’encre, variable parfois sur le même modèle de machine, et vérifier si elles peuvent être changées à chaud. Côté support, vous pouvez sélectionner une machine accueillant un ou plusieurs rouleaux associés à un chargeur automatique pour permuter de l’un à l’autre. Très pratique si l’on souhaite imprimer différents formats sans changer à chaque fois la taille du support. Notons que ces machines acceptent également une alimentation feuille à feuille et sont systématiquement équipées d’un bac de sortie qui empile proprement vos travaux.

Bref, beaucoup de questions auxquelles il faut répondre afin de définir un profil type et bien souvent plusieurs machines correspondantes. La différence se fait souvent en fonction de la relation que vous pourrez avoir avec votre fournisseur local. Notons d’ailleurs qu’il est possible de louer un traceur pour des prix allant de vingt à une centaine d’euros par mois selon le modèle.

LA RÉTRO-INGÉNIERIE SE SIMPLIFIE

Aéronautique, automobile, architecture, mais aussi police scientifique, ou médical… de plus en plus de secteurs s’intéressent aux possibilités de …